Bonsoir Julie,
Bon et bien tu as trouvé un de mes points faibles là
Car un débat philosophique, je fonce...
Surtout lorsque l'on parle de désir
... d'ailleurs qui n'a jamais entendu parlé de ce film de Luis Buñuel : "Cet obscur objet du désir"....
... et, le désir est très régulièrement proposé aux étudiants de philo.
En revanche je ne connaissais pas cet auteur (probablement hindou ?)
Plutôt que rebondir sur ton texte que je trouve très intéressant... mais qui, comme tout texte de ce type, nécessite 2 voire 3 lectures pour en percevoir le sens, je vais essayer de suivre un chemin de traverse pour m'en rapprocher

Ca te va ?

J'espère que d'autres membres nous donneront leur éclairage, car amour, désir, sont des thèmes récurrents.
En fait, nous vivons à travers une continuelle projection dans nos désirs. Nous avons conscience de nos désirs dans le sens où nous sommes lancés à la poursuite de leur satisfaction.
Nous sentons cette traction du désir, cette inquiétude qu’il provoque.
Nous vivons dans cette instabilité qu'il provoque. C'est encore ce tiraillement du désir que nous trouvons dans l'agitation de nos pensées. Nous souffrons de nos frustrations et voudrions toujours être là où nos désirs seraient satisfaits, car nous sommes toujours mécontents de ce que le présent nous offre
Néanmoins, se lancer à la conquête de nos désirs nous a-t-il jamais appris ce que nous désirons exactement ? Bonne question, n'est-ce pas ?

Allez, un exemple, l’adolescent qui veut absolument une console de jeux ou le dernier téléphone multimedia (pas de marques

) sait-il exactement pourquoi il veut cela ?
Désire t'il réellement la console, le téléphone..... ou n'est-ce pas plutôt le gain d’une certaine fierté, d’une assurance devant ses copains, d’un sentiment de force voire de virilité ? Si tel est le cas, cela veut dire qu’il désire en fait une chose pour une autre sans savoir exactement dans quelle direction va exactement le désir.
Donc en fait, avec le désir, la difficulté est donc tout d'abord de savoir quel en est l'objet réel.
Avons-nous donc conscience de l’objet de nos désirs ? Que cherchons-nous à travers nos désirs ?

Comment caractériser alors ce qui fait en propre l’objet du désir ? Tout désir naît d’un manque. On ne désire pas ce que l’on possède, on ne désire que ce qui nous manque

Il faut qu’il y ait la représentation d’un manque pour faire naître l’envie, pour faire naître le désir. Il faut aussi et surtout, que l'on croit très fermement que l’objet de son désir est l’incarnation de ses attentes. Plus cette croyance est vive et plus le désir est intense. Pour comprendre le désir, il faut discerner avec exactitude la nature du manque qui en est l’origine, car c’est ce manque qui donne au désir son élan et sa valeur.
Mais, ne voir dans le désir que le manque, c'est seulement déceler l'aspect négatif du désir. Le manque n’est pas une élucidation satisfaisante du désir, car il ne rend pas justice à la puissance positive et créatrice que contient le désir. Ne peut-on pas aussi voir dans le désir l’expansion d’une Force plutôt que l'expression d'un manque?
L’essence du Désir n’est pas dans son objet, mais dans le sujet qui désire. Désirer c’est se manifester, se donner à soi dans une manifestation perpétuelle de soi, dans une création de soi par soi.
Bon et bien, qu'en penses tu ?
bisous
alix
PS : mince je viens de me relire... j'ai encore fait long... désolé. Ah, si j'avais sa capacité à elle, d'exprimer en peu de mots des choses puissantes et profondes
